José Rodrigues ALEIXO
(1848 - 1888?)

Biographie


On ne sait pas grand chose sur le philosophe capverdien José Rodrigues Aleixo, si ce n'est qu'il est né à Brava le 25 juin 1848 et meurt, dans la plus grand solitude, au même endroit en 1888.
Ayant reçu le don de soigner certaines maladies, il devient un personnage légendaire, également connu sous le nom de "Djedi Portrero". [A vérifier]
Il fut également le professeur de philosophie d'Eugénio Tavares, sur cette île, alors lieu de résidence du Gourveneur du Cap Vert et centre culturel de l'archipel. 
On peut noter la très belle élégie funèbre écrite par Tavares et parue dans le journal O Manduco  du 1er août 1923 (ano I, n° 1, p. 2), dont nous proposons ici une traduction libre:

« José Rodrigues Aleixo fut un grand esprit qui, il y a quelques années, s'en est allé sur les rivages sombres de la mer de la Dépression, plage déserte, peuplée de légendes, pleine de cette poésie que l'imagination des gens porte a des endroits tristes, où le profil vétuste et pensif des falaises, les engoulés sombres des grottes et le bleu profond des eaux rivalisent pour instiller des rêves effroyables dans les âmes versées à la poésie..
Son riche talent, capable de pénétrer tous les problèmes, de comprendre toutes les beautés, étonna tous ceux qui, doué d'entendement, l'approchaient.
Il a vécu comme un philosophe, enfermé dans l'amertume sereine et nostalgique d'une existence primitive, pratiquant la bonté envers les hommes, envers les oiseaux ou les animaux, dans une pureté de mœurs qui fait de lui un poète non seulement dans l'âme, mais aussi dans les actes.
Dans les dernières années de sa vie, il a quitté le havre délicieux de Pe da Rocha (Nova Sintra, Brava), laissé l'ombre des orangers et des vieux mûriers; laissé les grottes couvertes de mousse dans lesquelles il vivait. Il a quitté vieux oncles et neveux qui l'aimaient, et il est allé agoniser là, à l'extrémité sud de l'île, sereinement, sur la plage déserte de la Dépression, dans cette fameuse grotte où les sorcières célébraient leurs sabbats. Un jour, des pêcheurs l'ont trouvé agonisant, allongé sur le sable noir et humide de la plage. Les vagues s'enroulaient affectueusement autour de lui dans le linceul frais et le plus pur de leurs mousses, comme si elles étaient adoucies, comme si elles étaient attendries.
Dans la soirée il est mort; et le jour suivant ils ont porté son corps froid, aux lèvres scellées et aux yeux fermés pour toujours, à son village. Ce matin-là, Brava se vêtit de noir et pleura toute la journée, toute la nuit suivante, comme une mère qui pleure sur le cercueil d'un fils aimé. Et il a commencé à pleuvoir le matin; il a plu toute la journée; il a plu toute la nuit.
Quand le cercueil fut emmené au cimetière, les torrents sur les pentes mugirent tristement et descendirent se jeter dans la mer. Les nuages ​​se sont transformés en eau. Brava pleura son philosophe, son poète, son fils chéri."

haut


Oeuvres littéraires


​Il est l'auteur de poésies dans lesquelles il exprime son mal de vivre, publiées à titre posthume en particulier dans les Almanach luso-africano  de 1895 et 1899.
Mais il semblerait qu'atteint d'une maladie mentale qui le conduisit à la mort, il ait détruit l'essentiel de son oeuvre.

haut

Etudes critiques - Articles



  • Eugénio Tavares, "José Rodrigues Aleixo", O Manduco, ano I, n° 1 (01/08/1923), p. 2  (web)

A compléter !

haut