lirecapvert.org

      “Always remember that the people are not fighting for ideas, nor for what is in men’s minds. The people fight and accept the sacrifices demanded by the struggle in order to gain material advantages, to live better and in peace, to benefit from progress, and for the better future of their children. National liberation, the struggle against colonialism, the construction of peace, progress and independence are hollow words devoid of any significance unless they can be translated into a real improvement of living conditions.”

Return to the Source: selected speeches of Amílcar Cabral (1974)

       “Un peuple qui se libère de la domination étrangère ne sera libre culturellement que si, sans complexe et sans sous-estimer l'importance des aspects positifs des cultures de l'oppresseur et des autres cultures, retourne vers les chemins glorieux de sa propre culture, qui est nourrie par la réalité de son environnement et qui neutralise aussi bien les influences néfastes et tout assujettissement à la culture étrangère. Ainsi, il peut être dit que si la domination impérialiste a le besoin vital de pratiquer l'oppression culturelle, la libération nationale est nécessairement un acte culturel.”     

Return to the Source: selected speeches of Amílcar Cabral (1974)

À venir...


UNE 6e RÉPUBLIQUE, OU COMMENT ÉVITER LA "LIBANISATION" DE LA FRANCE D'ICI 2030 !

Après la critique acerbe, virulente, sans concession, du pur vitriol anti-bons à rien qui nous gouvernent et nous administrent, est venu le temps des propositions concrètes, utiles et peut-être (on l'espère) salutaires. Tel sera le contenu de notre prochain post it !

À tout bientôt !

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Les politiciens français, des inutiles, de purs profiteurs ! (2026)


Heureusent, une députée (une femme, notons-le) à le courage de dire la vérité !


  • anonyme, "Affaire Lyhanna : face à une colère profonde, la classe politique promet de prendre ses responsabilités", franceinfo.fr, 2026/06/09, online : mais elle ne fait absolument rien !     web
  • anonyme, "Le gouvernement condamne, mais n'agit pas : la colère des Français après le fiasco de l'affaire Lyanna", franceinfo.fr, 2026/06/09, online       web 
  • anonyme, "Disparition de Lyhanna : sur les huits dernières années, plus de 70% des plaintes pour des violences à l'égard d'enfants ont été classées sans suite, pointe Manuel Bompard, coordinateur de LFI", franceinfo.fr, 2026/06/05, online       web

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La transition plutôt que la révolution, ou l'utopie de pouvoir changer le monde ? (2026)

En 2015, Pascal Chabot publiait un petit ouvrage des plus intéressant : L'âge des transitions (PUF). Sa lecture est arrivée à brûle pourpoint dans le cadre de notre pensée sur la France de demain et la révolution qui gronde, n'attendant qu'un catalyseur pour éclater. La réflexion de Chabot offre une toute autre vision de l'avenir, une autre approche, pacifiste et activiste dans laquelle chacun peut avoir un rôle à jouer. Aussi, vous invitons-nous vivement à le lire. Mais pour celles et ceux qui n'auraient pas cette chance (notre lectorat étant mondial, tout continent confondu, acquérir un livre en français, paru il y a dix ans, n'est pas forcément évident), il paraît intéressant d'offrir ici quelques citations de paragraphes qui nous servirons par la suite, dans nos prochains post it

Christophe Chazalon

Genève, le 10/06/2026

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"Le dictateur, dont le type psychosocial est presque toujours celui du pervers narcissique, jugule les libertés et verrouille le cachot du présent. Qu'à cela ne tienne, disent ses opposants : il y a un "au-delà", qui aura pour nom "transition démocratique" et qu'il faudra construire dans la dignité de la loi, sans véritable révolution ni terreur". (p. 20)

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"La transition est une transformation réfléchie, qui se veut mature, pacifique, pragmatique." (p. 21)

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"En bordure du système - Les partisans de la transition habitent les bordures du système. Qu'ils soient citoyens, activistes, intellectuels ou artistes, ils vivent sur la frontière entre le présent et le futur. De là, il observent l'époque désorientée. Ils ne sont pas en rupture radicale, mais leur adhésion aux mantras que ressasse une société fondée sur la consommation, la concurrence et l'efficacité ne va pas de soi." (p. 27)

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"Pour bâtir l'univers durable qu'il évoque [Kenneth White, "Le grand rivage", in Un monde ouvert, 2006, p. 87)], c'est dans la périphérie du système qu'il faut chercher. Au centre, sont les impératifs et les credo d'une civilisation qui voit dans la technique et la finance les seules matrices du progrès humain. Quand on l'éloigne, leur puissance s'atténue. D'autres attracteurs jouent une partition différente - par exemple, des enfants, des vieux, des inutiles, des sans-logis, des contemplatifs, des lecteurs, des cinéastes ou des utopistes. Ils ne sont pas hors du système, car ils y participent à leur manière, mais plutôt depuis les lisières. C'est de là qu'ils dessinent d'autres avenirs et racontent d'autres histoires que celles entendues partout, selon lesquelles le salut s'achète." (p. 27-28)

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"Toute transition commence par un vacillement des convictions ordinaires. L'ordre dominant balbutie, les critiques deviennent diserts, d'autres formules sont examinées." (p. 29)

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"S'excentrer permet de prendre du recul. Les limites du système où circulent les tenants de la transition offrent de nouvelles perspectives. La vue est plus large. Les coulisses du monde deviennent plus lisibles. En les scrutant, on comprend que la perte de repères contemporaine s'origine dans un processus profond. La cause fondamentale de la désorientation est la quête de croissance et de maximalisation. Les individus, divisés entre enthousiasme et défiance, reflètent la dynamique équivoque d'une société qui veut toujours plus. Comme attirée par le mirage de ce qu'elle pourrait être en devenant plus forte et plus riche, l'humanité poursuit la voie d'un développement qu'elle croit infini. Il lui faut optimiser ses actions et multiplier ses énergies. Dopée par l'ivresse d'une puissance inédite sur terre, elle juge la satiété insupportable. Chaque palier de croissance doit devenir un tremplin pour le suivant.

Paul Valéry l'a exprimé avec la justesse de ton de celui qui diagnostique sans blâmer :

Partout où l'Esprit européen domine, on voit apparaître le maximum de besoins, le maximum de travail, le maximum de capital, le maximum de rendement, le maximum d'ambition, le maximum de puissance, le maximum de modification de la nature extérieure, le maximum de relations et d'échanges. ("La crise de l'esprit", in Variété (1919), t. I, 1957, p. 999)" (p. 39-40)

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"La maximalisation n'est plus européenne. La mondialisation l'a propagée en même temps que ses recettes de management, ses dettes et ses vitrines. Croître est un désir global. Se satisfaire signifie manquer d'audace. Quand une entreprise n'augmente pas ses marges d'une année à l'autre, on crie à la récession. Quand le PIB d'un État stagne, on stigmatise son marasme, pour mieux le décoter sur le marché des prêts. L'immobilisme est redouté, comme si l'on avait peur que n'advienne un vide paralysant. Tout le monde court après le temps, mais personne ne s'arrête pour en contempler l'écoulement.

La maximalisation est une monoculture. Obsessionnelle, elle devient dominante et hégémonique. Quand la seule croissance est privilégiée, les autres paramètres restent dans l'ombre. La qualité, la convivialité, le plaisir, le goût du travail bien fait [web], tout cela passe loin derrière l'objectif premier. Chercher toujours le maximum, c'est s'obliger d'abord à ne chercher rien d'autre." (p. 41)

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"Une idée proche anime les partisans de la transition. Le voile qu'ils remarquent depuis la lisière du système est un ensemble de significations placées sous le signe du moyen utile. Il faut que le réel serve, telle est l'injonction entendue partout. L'important dans une chose est son usage. Au lieu de rencontrer une personne, on s'adresse à une fonction. Les arbres sont des meubles en devenir, de la future pâte à papier, ou du combustible. L'habitude est de saisir dans tout être la valeur ajoutée qu'une transformation adéquate peut lui apporter. Les lunettes utilitaristes rendent le regard prédateur et avide, lorsqu'elles ne sont pas modérées par une autre manière de voir. Ce n'est pas l'utile en soi qui est la cible des critiques, mais la perversion de l'utile qui ne considère à court terme que les ressources disponibles et la maximisation du profit.

Chaque être doit rechercher "ce qui lui est proprement utile", écrit justement Spinoza (Éthique IV, proposition XXIV, 1988), mais par une mécompréhension de cet utilitarisme, il est devenu une monoculture, que plus rien ne vient tempérer. Une chape couvre le monde et lui impose les axiomes sévères d'un empire utilitaire : maximiser, capitaliser, organiser, transformer. C'est de cette manière que l'humain exerce sa maîtrise et transforme le monde en une réserve de moyens à sa disposition." (p. 58)

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"Efficacité et résilience s'opposent souvent, explique Ulanowicz (Le  Nouveau paradigme, 2009). Si la seule efficacité est recherchée, par exemple dans un souci de maximisation du profit, la diversité et la connectivité seront oubliées. Une entreprise aura alors tendance à épuiser ses employés, ou à acheter à des producteurs qui pratiquen les prix les plus bas au mépris de la qualité ou de l'environnement. Sa rentabilité augmentera dans un premier temps. Mais, en cas de problème, il lui sera difficile de compter sur un personnel désabusé, ou sur des producteurs trop durement exploités. Le bien-être au travail et la politique des justes prix peuvent sembler, pour qui réfléchit à court terme, des "frais généraux" trop coûteux. Pour durer, ils sont néanmoins essentiels. Ces attributs, écrit Ulanowicz, servent de ballast pour soutenir le système qui, faute de ces frais généraux, s'autodétruirait en se précipitant vers un extrême (p. 18).

Il s'agit là d'un nouveau paradigme de la durabilité. Trop de performance mène à la fragilité, par manque de diversité et de connectivité. Trop de résilience mène à la stagnation, par surabondance de diversité et de connectivité (p. 18). Entre, les deux, s'ouvre une négociation permanente qui suppose les deux valeurs de respect et de reconnaissance. C'est à ce prix que l'équilibre peut être maintenu." (p. 66-67

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La philosophie est une tentative, toujours non finito, d'organiser le chaos. Elle est une manière de mettre en relation, de trouver des voies modestes, des passages et des chemins au sein d'une culture infinie pour que, des rencontres entre les savoirs et les démarches, naisse un peu plus de clarté. Son ennemi majeur est le cantonnement dans les certitudes provinciales. La fermeture des frontières, qui provoque la réplication du même et la diffusion des stéréotypes, génère toujours l'étroitesse d'esprit." (p. 107-108)

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Les auteurs de Transition to democracy (K. Stoner, M. McFaul (eds), 2013) ne s'essaient pas à faire des prédictions, même s'ils ne cessent de formuler des préférences. Ils savent que, dans le jeu entre la vie et la théorie, c'est la première qui l'emporte, car elle a pour elle la puissance du hasard et le génie des circonstances. Ils sont lucides sur les freins qui peuvent enrayer ces processus. À côté des facteurs religieux, ils insistent également sur le rôle que jouent les réserves pétrolières ou gazières. Leur verdict est sans ambiguité :

Tous les échecs [de transition démocratique] présentés ici, à l'exception de la Chine, furent liés à l'existence de revenus pétroliers, et la présence de pétrole peut avoir altéré la volonté des acteurs extérieurs de promouvoir la démocratie. [...] Le pétrole est constamment présent à l'arrière-plan des stratégies américaines et européennes en Iran. En outre, même si des acteurs externes avaient promu la démocratie, ils n'auraient eu que peu d'effets. Les gouvernements de pays riches en ressources sont d'habitude financièrement indépendants, si bien que les acteurs externes ont peu de levier d'action sur ces États.  (p. 134)

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En ce sens, la transition démocratique est aussi une exigence occidentale. Le pouvoir n'est-il pas, en effet, comme la puissance, une sorte de boîte noire qui réclame d'être examinée de plus près pour qu'il soit plus justement exercé ? Ici aussi, la distinction des fins et des moyens peut servir à orienter le débat. Le pouvoir est un moyen. [...]

S'il fallait dresser conceptuellement le portrait d'une personnalité autoritaire, c'est aux descriptions que font les psychologues des pervers narcissiques qu'il faudrait se référer. La dimension perverse réside dans le détournement du pouvoir qui devient un but en soi et suppose l'instrumentalisation d'autrui. L'autre devient un moyen dans une entreprise de domination systématique. La jouissance naît de cet abus de pouvoir car la personnalité narcissique a besoin de voir confirmée par la réalité l'image survalorisée qu'elle a d'elle-même. Exercer un pouvoir dégradant ou déstabilisant est sa manière de se sentir exister. La seule relation humaine envisageable est alors un rapport de force, ce qui laisse les victimes désorientées et meurtries. Le pouvoir n'est plus que lutte. (p. 137-138)

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N'est-ce pas dans la démarcation du pouvoir d'avec la violence qu'il faut chercher un futur pour les rapports entre les citoyens ? Tel est l'avis d'Hannah Arendt, laquelle a construit une partie de sa réflexion politique dans cet espoir, ce pour quoi son oeuvre est essentielle. Ouvrir la boîte noire du pouvoir, voilà la tâche de sa vie intellectuelle. Et qu'a-t-elle vu ? Un moyen qui se repaît de son exercice, perdant souvent de vue ses finalités. Dans Du mensonge à la violence (1972, p. 144), elle souligne :

Pouvoir, puissance, force, autorité, ce ne sont là que des mots indicateurs des moyens que l'homme utilise afin de dominer l'homme : on les tient pour synonymes du fait qu'ils ont la même fonction.  

L'horizon de la transition démocratique est, dès lors, discernable :

Ce n'est que lorsqu'on aura cessé de ramener les conduites des affaires publiques à une simple question de domination, que les caractères originaux des problèmes de l'homme pourront apparaître, ou plutôt réapparaître, dans toute leur authentique diversité.

Plutôt que d'être une manière d'instituer légitimement la violence, le pouvoir se vit alors comme la recherche d'une compatibilité entre des libertés. Il est une oeuvre de coopération entre égaux, ce qui indique que la valeur centrale capable de freiner la propension à instrumentaliser l'autre est la reconnaissance. C'est en prenant acte de l'irréductible singularité d'un alter ego, et en la valorisant, que peut naître un collectif ignorant les hiérarchies parfois pénibles et formelles. (p. 139-140)

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Hannah Arendt, en son temps, pressentait déjà cete métamorphose, qui est comme un blanchiment de la violence. Elle reconnaissait dans la bureaucratie  administrative des États modernes une manière impersonnelle d'exercer une domination et de restreindre les libertés. Cinquante ans plus tard, les déguisements des rapports de force ont encore évolué, même si leur principe reste identique, puisqu'ils refusent toujours la disjonction du pouvoir et de la violence. Les contraintes anonymes auxquelles la transition démocratique doit faire face viennent aujourd'hui de certaines multinationales puissantes, de lobbies, d'une finance déconnectée de l'économie réelle. Là sont les limitations des libertés, tout autant que le mépris de l'intérêt général que cherchent en vain à exprimer des États souvent bâillonnés. (p. 142)

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Dans les pays occidentaux, la révolution est impossible : telle est la conviction informulée qui sous-tend les intitiatives contemporaines de transition. Cette impossibilité marque une rupture avec les pensées du XXe siècle, qui exprimaient le désir d'une transformation radicale de la société et de l'économie, et manifestaient leur dégoût par l'espoir d'un coup d'État. [...]

Transition et révolution sont deux manières de comprendre et de susciter le changement. Elles diffèrent par au moins trois aspects qu'il faut examiner, car en réfléchissant sur ce que la transition n'est pas, on percevra mieux ce qu'elle peut être.

  1. Le mythe du paradis perdu : la transition n'est en rien la recherche d'un paradis perdu. Cela l'oppose à la révolution, toujours placée sous le signe d'un passé mythique et bon, qu'il faudrait retrouver. [...] Étymologiquement, la révolution désigne d'ailleurs ce qui "re-vient".
  2. L'impossible rupture : la révolution, c'est la rupture.  [...] Puisque l'injustice règne partout, rien ne sera préservé, ni même réformé. La destruction doit être systématique. [...] Le nouvel ordre se nourrit de l'éradication systématique de l'ancien, dans une sorte de peur que ne revienne, à cause d'un défaut de dureté, le régime honni. [...] La révolution obéit à une loi du tout ou rien. [...] Cette posture radicale est aujourd'hui impossible et désuète. Les tenants de la transition sont en bordure du système, mais ils ne s'en excluent pas. Ils ne désirent pas rompre avec un monde qu'ils jugent parfois sévèrement, mais qu'ils aiment plus encore. [...] Vouloir tout briser, puis tout reconstruire, est une posture abstraite qui équivaudrait au suicide des sociétés postmodernes.
  3. Contre la terreur : la transition rejette une troisième caractéristique de la révolution : la terreur. La violence lui est étrangère, alors qu'elle est intrinsèque à la révolution. [...] La raison de cette brutalité est à chercher dans une paranoïa qui hante le projet révolutionnaire. [...] "Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents" écrivait Beaudelaire dans ses Aphorismes. [...] Ici encore, règne un fanatisme d'autant plus dangereux qu'il est armé. Il est aux antipodes de la mentalité des transitionnistes. (145-154)

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Le désir de trans-ire, d'aller au-delà du catastrophisme, se matérialise dans une série d'actions non violentes, dont le réseau se densifie. La force politique de la transition, c'est la société civile, cet agrégat d'associations non gouvernementales et de citoyens instruits qui manifestent les intérêts et les volontés des individus. Le développement des ONG constitue l'un des événements politiques majeurs de la seconde moitié du XXe siècle, trop souvent passé sous silence. C'est pourtant là que s'expriment les positions lucides et pragmatiques dans une société où l'information est partout disponible et où le pouvoir est constamment surveillé et jugé. Loin de se réduire à des consommateurs passifs gavés d'images violentes, les citoyens s'y montrent constructifs et scrupuleux, avec la pointe d'humour propre à ceux qui ne sont plus dupes d'aucun drapeau. (p. 1156-157)

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LA POLITIQUE DE L'ÈRE DES DUPES A VÉCU. LES GENS ORDINAIRES NE SONT PAS DES "IMPOTENTS POLITIQUES", COMME ON LE LEUR LAISSE PARFOIS PENSER, MAIS DES CITOYENS INFORMÉS, RENSEIGNÉS. Ce n'est pas le pouvoir qui les attire, dont Ogien et Laugier (Le principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, 2014) disent qu'il a beaucoup perdu de son lustre [...]. Ce qui compte, et ce dont dépendent les personnes, les auteurs l'appellent le care :

[...] soutien à la vie et à la précarité humaine, créativité ambivalente face à cette fragilité du monde et à la précarité des formes vitales, mais parallèlement attention à ce qui dans la forme de vie humaine résiste au désastre. (p. 192) 

[...] Comme la transition, la sensibilité politique que scrutent Ogien et Laugier ne s'exprime pas dans des dogmes ni dans des institutions. Les controverses y sont vives, alimentées par un irréductible pluralisme. Mais un objectif en soude les tenants, par-delà la diversité des actions collectives : une réappropriation du changement. (p. 158-159)

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Quelques lectures estivales intelligentes et utiles (2026)

Arrêtez de scroller ! Sérieusement.
Vos pouces méritent mieux que l’infini tiède des réseaux et les bonbons pixelisés. Fermez l’appli ! Prenez un livre. Un vrai. Ou même un e-book, si vous insistez — on ne va pas chipoter.
Sérieux ! Il y en a partout : en librairie, chez les bouquinistes, en bibliothèque. Des milliers de vies, d’idées, de secousses, à portée de main. Et vous, vous choisissez… le néant algorithmique ? L'abrutissement volontarisé par les GAFAM pour rendre Musk et ses congénères encore plus riches. Ils sont déjà milliardaires. C'est inutile et cela vous rendra plus pauvre, vous. Intellectuellement tout autant que financièrement !
Lire, c’est tout sauf passif. Ça gratte, ça remue, ça réveille. C’est un tête-à-tête avec quelque chose de plus vaste que soi. Oui, il faut parfois forcer un peu l’entrée. Comme un film de Godard : on hésite, on traîne des pieds… puis, soudain, ça prend. Et on n’est plus tout à fait le même le film achevé. Ça travaille à l'intérieur, sans qu'on sache vraiment pourquoi. On évolue.
Franchement, entre ça et votre énième scroll sans mémoire, le choix devrait être vite fait.
Alors lâchez votre écran. Ouvrez un livre. Et voyez ce qui se passe.

Christophe Chazalon

Genève, le 07/06/2026

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Toujours fidèles ! Merci à toutes et tous!

(données Infomaniak)
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